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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 19:33

La mode actuelle est au retour à la terre et aux circuits courts. Le retour de balancier d'une agriculture qui est allée trop loin car le fruit d'une volonté politique d'avoir une agriculture mondialiste et donc exportatrice.

 

Avec des cours mondiaux au plus bas , il fallait et faut produire un maximum  pour compenser l'absence de revenu, d'où les excès de la monoculture à tout va.Et l'effondrement du nombre de paysans.

 

Or l'agriculture ,donc notre nourriture , il faut le rappeler alors que c'est une évidence, devrait faire partie des piliers fondamentaux  d'un pays.  Ce que l'on peut appeler l'exception agriculturelle. On risque de s'en apercevoir assez vite..

 

Mais il ne faudrait pas que le balancier nous ramène vers une agriculture moyenâgeuse  incapable de subvenir aux besoins des Français.

 

Or mes oreilles entendent des discours allant dans ce sens avec la petite musique du retour de la traction animale par exemple.

 

La ferme ou j'habite à été la dernière ( à ma connaissance) du village ou il n'y avait pas encore de tracteur  et où il y n'avait plus qu'un attelage de vaches pour ,à l'automne, aller chercher la fougère pour la litière. J'ai encore souvenir de  voir partir les deux frères de la ferme, l'un devant guidant les vaches, et l'autre debout dans la charrette en bois avec des roues au bandage en fer. Avec le grand regret de ne pas les avoir immortalisé  sur une photo.

 

Mais ils ne cultivaient plus.

 

Auraient -ils du continuer avec les outils agraires trouvés  dans leur grange?. Je ne le crois pas et je mets au défi  les doux rêveurs de retirer un revenu en tirant ce genre d'outils.

 

Il s'agit d'une araire, faisant un sillon sans retourner la terre. L'ancêtre de la charrue. N'ayant pas encore de roue ,l'histoire  de ce genre d'outils remonte à plus de 1000 ans avant JC. Et sur la premiere image en dessous, une peinture du moyen âge représentant les travaux des champs.

 

 

On achève bien les chevaux...
On achève bien les chevaux...
On achève bien les chevaux...
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commentaires

F
Heu, je ne comprends pas bien comment fonctionnent les "réponses", la mienne je voulais qu'elle soit après le commentaire de Jean qui m'a un peu fait bondir avec cette histoire d'aides aux "doux rêveurs" (ça aussi, j'en ai franchement un peu ma claque d'entendre traiter les zécolos de "doux rêveurs"... comme je l'ai dit, les vrais rêveurs sont bien ceux qui croient à la pérennité du système actuel, mais ça on l'entend moins souvent...), comme si l'agriculture depuis l'après-guerre n'était pas sous perfusion...
Bref ! L'araire est bien belle en effet, témoignage de temps où les gens en bavaient, certes, mais savaient aussi se retrouver pour les travaux des champs (et les soirées d'après champs, espérouquère etc), gens à qui il aurait sans doute paru totalement aberrant qu'un gars seul (et qui s'ennuie, ô combien dans sa cabine climatisée) s'occupe de centaines d'ha...
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O
j'ai lu quelque part que les maraichers bio ou assimilés du département de la Gironde avaient le potentiel de nourrir la ville de Bordeaux pendant...4 jours. Alors le concept est fort intéressant mais encore une fois entre le rêve et la réalité il faudra trouver le juste milieu. 75% de la population française vit en ville, c'était la moitié dans les années 30.Pour retrouver le bon sens le passage du gué va être bien difficile
J
Je pense que je me suis mal exprimé...
Par mon commentaire, je voulais dire que aujourd'hui, quoi qu'on en pense, il me parait bien difficile d'avoir une agriculture de masse sans se donner les moyens mécanique (et donc pétrolivores...) de le faire. Dans les temps anciens où c'était possible, comme le dit Domi, il faut pas oublier la main d’œuvre à disposition (qu'elle soit familiale subie ou pas ou venant des voisins qui venaient donner la main au moment des foins et autre) . Il faut pas oublier aussi que beaucoup de personnes faisaient un jardin (et je parle pas de trois pieds de tomates sur la terrasse...) et en faisait profiter les voisins, et surtout que la consommation mondiale de produits issus de l'agriculture était moindres.
Aujourd'hui, je pense que si toute la population du village, des villages aux environs, voire même d'Oloron décidait de se fournir chez Piétometti (et merci à eux pour le boulot qu'ils font), je pense qu'ils seraient vite confrontés à un problème de production... Et donc de choix : soit dire aux gens d'aller se fournir ailleurs, soit augmenter la rentabilité, ce dernier choix étant celui qu'on mets dans la tête des paysans depuis des décennies (aujourd'hui, un jeune qui s' installe, il faut qu'il ait 3 tracteurs, sinon...)
Quand aux "doux rêveurs" je parlais de ceux qui se lancent (sans avoir de projet bien précis et souvent sans rien y connaitre) dans l'agriculture raisonnée, bio, sans pétrole ou tout ce que tu veux en étant charmés par les sirènes de l’Europe et leur doux chant qui leur dit : "ce sera un monde merveilleux et je serai la pour t'aider..." et qui distribuent des millions à tire-larigot.
Quand à l'après pétrole, ne t’inquiètes pas, il est déjà prêt. Aujourd'hui, les véhicules qu'ils soient électriques ou à hydrogène ou quoi que ce soit sont capables de bien plus de performance qu'on veut nous faire croire mais tant que les états n'auront pas trouvé le moyen de nous faire payer le soleil...
O
@ François :Oui il n’est pas facile de s’y retrouver dans les commentaires pourtant pas nombreux  C’est mal foutu…
Pour ce qui est des aides c’est principalement depuis 1992 qu’elles ont affluées. Une façon de mettre sous morphine l’agriculture paysanne traditionnelle en attendant sa disparition programmée et aider l’agriculture d’exportation.Ce n’est pas du « complotisme « de dire ça dans la mesure ou j’ai entendu de mes oreilles Mister Bayrou qui n’est pas un révolutionnaire accompagné de monsieur Chalmain économiste déclarer que « le prix du maïs sera fixé à Chicago et que les paysans devront s’alléger pour franchir le gué » ( foire de Pau 1996). Propos que je lui ai aimablement rappelé au micro lors des gilets jaune et du grand débat et cela dans la même salle de la foire de Pau.(2018) Nous sommes bien d’accord sur les excès de la « grande culture » qui n’existe pas ici dans le Piémont mais ceux restant doivent malgré tout s’agrandir pour en tirer un revenu ( le prix de base du litre de lait payé cet hiver au producteur est quasiment le même que quand on a arrété le lait en 2004 soit 0.32 euro soit 2frcs le litre)
.Nonobstant les contraintes environnementales liées aux aides plus les contrôles inopinés …car ce ne sont pas des primes mais des aides compensatrices.

F
Bonjour,

Ah ! Les "doux rêveurs", combien on entend facilement ce terme dés qu'on parle de gens qui essaient de réfléchir à l'"après", oui l'après, car il y aura un après pétrole, nouvelle ère qu'on peine légitimement à imaginer tellement cette matière fossile extraordinaire est présente dans nos vies (depuis pourtant si peu de temps à l'échelle de l'humanité, disons 70 ans pour faire court).

Il me semble que les personnes prêtes à mettre les mains dans la boue (et il y en a plein, et des jeunes, qui passent dans la ferme où je travaille, tous débordants d’enthousiasme) n’ont aucune nostalgie du « moyen-âge » et des temps où les paysans mangeaient de la bouillie de glands.

Je parlais de la ferme où je travaille, dans cette ferme on n’utilise pas la traction animale, mais personne n’y est opposé par principe, avec le même discours simpliste et trop entendu qu’ « abandonner le nucléaire (ou refuser la 5G, comme dit notre toujours très fin président) serait forcément retourner à la bougie ». De même, réfléchir à des alternatives au tracteur connecté de 150 cv peut se faire autrement qu’en resortant la vieille araire du grenier.

Chez les jeunes paysans actuels on cherche comment moins utiliser le pétrole, on réfléchit, on se creuse les méninges pour tendre à une autonomie énergétique avec les contraintes actuelles mais surtout futures. Et si on accueille un jeune paysan qui utilise des chevaux c’est pour parler avec lui de ses difficultés, mais aussi de sa joie, du pourquoi de sa démarche et de ce que celle-ci peut apporter, dans l’échange et le respect.

Qui sont les "doux rèveurs" ? Ceux qui essaient, parfois maladroitement, parfois en se trompant, mais en tout cas en y mettant de l'audace, de trouver des solutions nouvelles sur le long terme, ou ceux qui pensent que le système agricole actuel basé à 100 % (en ce qui concerne l'immense majorité de l'agriculture "conventionnelle") sur le pétrole va pouvoir continuer ad vitam æternam ? Agriculture actuelle qui, n'en déplaise à Jean, dépend aussi essentiellement des "aides du département, de l'état, de l'Europe, etc."

Ne serait-il pas sage de tenter de ne pas trop porter de jugement ?
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O
et à la fin de l'envoi je touche!..:) Cyrano de Bergerac.

L'erreur est humaine et je me suis souvent trompé, le probleme n'est pas là.Tes amis de Piétometti comme tu le signale utilise aussi les chevaux vapeur, le cheval crottin étant là pour l'image véhiculée. Ayant quelques années de plus que toi j'ai connu la traction animale et la nombreuse main d'oeuvre familiale d'une ferme Ogeuloise. Image fort sympathique de voir les andains faits à la main, les meules idem quand la pluie menaçait et à réétendre le lendemain et ainsi pendant 3 jours. Foin ramassé en vrac bien sûr, engrangé à la main of course..Odeurs de foin et de regain qui me hantaient quand je rejoignais la capitale avec mes parents et frères et soeur en traction...Citroën...

Les années passant et ayant exercé plusieurs métiers dont un qui m’aurait rapporté un revenu extremement confortable j’ai rejoint le rêve à l’action avec mon épouse. 3 chevres pyrénéennes d’Arette et 2 ha pour démarrer et puis petit à petit je me suis heurté au probleme de main d’œuvre. Des journées interminables de travail, les sous qui ne rentraient pas (aucune aide à l’installation), les dettes, les emprunts. Comment concilier le rêve et la réalité, that is the question car la réalité est, que du temps des chars à boeufs que j’ai connu, la nourriture représentait 50% le budget d’une famille…alors que l’on est tombé, de mémoire, à 14 %.

Au niveau des aides de l’europe, de la PAC ( extremement faibles pour moi car presque exclusivement sur la base de prairies permanentes ), tout le monde en reçoit , bios ou pas bios, il ne faut pas rêver( d’ailleurs à ce titre nombre de producteurs sont devenus bio par opportunisme).Car sans aides, main d’œuvre gratuite ou monnaie sonnante et trébuchante,…il ne faut pas rêver non plus 
Et malgré cela le nombre de paysans s’est effondré en France . J’ai pris de très gros risques en manifestant contre ce système de primes préférant des prix viables à la production. (blocus de Paris en 1992)…Précurseur et visionnaire déjà .

Finalement, tu as mal lu ou mal interprété mon article. A aucun moment je n’ai mis en opposition le tracteur et l’araire sortie du grenier dont tu aurais pu reconnaitre la beauté .

Pour ce qui est du tracteur de 150 cv. Petit calcul de 5° : combien font de cv une tondeuse de 3.5 cv pour un gazon de 1000 m2 ramené à l’ha ?....35cv…soit 350cv pour 10 ha ( surface non viable en élevage) .ainsi de suite…..  comparaison n’est pas raison…mon 158 Massey Ferguson ne fait pas 158 cv. Non je dis ça parce que certains « de la ville » l’ont crû là aussi :)
J
Doux rêveurs, en effet, qui pourraient à peine subvenir aux besoins d'une petite communauté qui, en contre partie, fournirait des bras et des litres de sueur !
Sauf bien sûr, en touchant des aides du département, de l'état, de l'europe, etc, etc...
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F
"Ma voisine allait aux champs avec ses freres et soeurs épandre le fumier à la main de bon matin avant de partir à l'école." Clin d'oeil: avant d'aller à l'école aujourd'hui les gamins (pas tous !) sont plantés devant la télé en baffrant des cochonneries trop grasses et sucrées parce que la pub a dit à leurs parents que c'était trop bon, puis ils s'engouffrent dans l'habitacle prè-chauffé depuis 20 minutes de la voiture familiale avant d'être largués presque devant l'entrée de l'école... Ça leur ferait peut-être du bien de mettre un peu les mains dans le fumier, non ? ;-)
J
La face cachée de la médaille...
O
c'est ça. ils ne se rendent pas compte que les familles paysannes envoyaient leurs gosses aux champs travailler, main d'oeuvre gratuite par la force des choses. Ma voisine allait aux champs avec ses freres et soeurs épandre le fumier à la main de bon matin avant de partir à l'école.